Le syndrome d'apnées obstructives du sommeil (SAOS) se caractérise par la répétition, pendant la nuit, d'obstructions complètes ou partielles des voies aériennes supérieures. Chaque obstruction interrompt la respiration quelques secondes, fait chuter l'oxygénation du sang et provoque un micro-éveil dont le dormeur n'a pas conscience. Répétés des dizaines de fois par heure, ces épisodes fragmentent le sommeil et sollicitent le système cardiovasculaire nuit après nuit.
C'est une pathologie fréquente et largement sous-diagnostiquée. Beaucoup de patients consultent d'abord pour une fatigue persistante ou une hypertension difficile à équilibrer, sans faire le lien avec leur sommeil.
Les signes qui doivent alerter
Aucun signe pris isolément ne suffit à poser le diagnostic, mais leur association doit conduire à consulter :
- Un ronflement sonore et régulier, souvent ancien, parfois entrecoupé de silences ;
- des pauses respiratoires constatées par l'entourage, suivies d'une reprise bruyante — c'est le signe le plus spécifique ;
- une somnolence dans la journée malgré des nuits de durée normale : au volant, en réunion, devant la télévision ;
- des maux de tête au réveil, une bouche sèche, une sensation de sommeil non réparateur ;
- des réveils nocturnes pour uriner (nycturie), des sueurs nocturnes ;
- des troubles de la concentration et de la mémoire, une irritabilité inhabituelle, une baisse de moral ;
- une hypertension artérielle résistante au traitement, ou des troubles du rythme cardiaque.
Une somnolence au volant impose une consultation rapide. Le risque d'accident de la route est un motif de prise en charge prioritaire, indépendamment des autres symptômes.
Qui est concerné
Les principaux facteurs favorisants sont le surpoids et l'obésité, l'avancée en âge, le sexe masculin — l'écart se réduit après la ménopause —, certaines particularités anatomiques des voies aériennes supérieures (cou large, amygdales volumineuses, rétrognathie), ainsi que la consommation d'alcool le soir, le tabac et les médicaments sédatifs. L'apnée du sommeil existe aussi chez l'enfant, où elle se manifeste plutôt par une respiration bouche ouverte, une agitation nocturne et des difficultés scolaires.
Pourquoi il ne faut pas la laisser évoluer
Non traitée, l'apnée du sommeil est associée à une augmentation du risque d'hypertension artérielle, de troubles du rythme cardiaque, d'accident vasculaire cérébral et de déséquilibre du diabète de type 2. À cela s'ajoutent les conséquences immédiates de la somnolence : accidents de la circulation et du travail, baisse des performances, retentissement sur la vie familiale.
Le diagnostic au centre
La démarche se fait en deux temps. La consultation de pneumologie précise les symptômes, les antécédents, les traitements en cours et recherche les facteurs favorisants ; elle comprend un examen clinique et un examen des voies aériennes supérieures.
La polysomnographie confirme ensuite le diagnostic. Elle enregistre pendant une nuit complète le flux respiratoire, les efforts respiratoires, l'oxygénation du sang, le rythme cardiaque et les stades du sommeil. Elle permet de calculer l'index d'apnées-hypopnées (IAH), c'est-à-dire le nombre d'événements respiratoires par heure de sommeil, qui définit la sévérité :
Forme légère
Prise en charge souvent conservatrice, adaptée aux symptômes et au terrain cardiovasculaire.
Forme modérée
Traitement discuté selon les symptômes et les comorbidités associées.
Forme sévère
Traitement par pression positive continue le plus souvent indiqué.
Le centre dispose d'un plateau technique complet permettant, dans le même lieu, de compléter le bilan lorsque c'est nécessaire : explorations fonctionnelles respiratoires, gaz du sang et pléthysmographie, imagerie thoracique et endoscopie bronchique.
Les traitements
La pression positive continue (PPC)
C'est le traitement de référence des formes modérées à sévères. Un appareil délivre, par l'intermédiaire d'un masque nasal ou naso-buccal, un flux d'air maintenant les voies aériennes ouvertes pendant le sommeil. L'effet sur la somnolence et la qualité de vie est généralement rapide. La réussite du traitement dépend étroitement de l'observance et du confort du masque : le choix de l'interface, les réglages et l'accompagnement des premières semaines déterminent le résultat à long terme.
L'orthèse d'avancée mandibulaire
Ce dispositif sur mesure, porté la nuit, avance légèrement la mâchoire inférieure et dégage l'arrière-gorge. Il est proposé dans les formes légères à modérées, ou en cas d'intolérance avérée à la PPC.
Les mesures associées
Elles font partie intégrante du traitement et ne s'y substituent pas : réduction pondérale lorsqu'elle est indiquée, arrêt de l'alcool le soir, révision des médicaments sédatifs, traitement d'une obstruction nasale, correction de la position de sommeil dans les apnées positionnelles, et sevrage tabagique lorsque c'est nécessaire.
La chirurgie
Elle garde des indications ciblées, principalement en cas d'obstacle anatomique identifié des voies aériennes supérieures, et relève d'un avis spécialisé après le bilan.
Le suivi fait partie du traitement. Un contrôle de l'efficacité et de l'observance est nécessaire dans les premiers mois, puis régulièrement. Le télésuivi des appareils de PPC permet aujourd'hui d'objectiver l'utilisation réelle et de corriger précocement les difficultés — un domaine dans lequel le centre est engagé de longue date.
Pourquoi consulter au CMR
Le Centre des Maladies Respiratoires a été fondé en 2003 par le Dr Mohammed El Ibrahimi et le Dr Aarabi Naciri. Le Dr El Ibrahimi est impliqué depuis plus de vingt ans dans la collaboration franco-marocaine sur les troubles respiratoires du sommeil. Il est fondateur de la Fédération Marocaine de Médecine du Sommeil et des Troubles de Vigilance (FMMSV), de l'Association Franco-Marocaine de Médecine du Sommeil (AFMASOM) et de l'Association Franco-Marocaine de Pathologie Thoracique (AFMAPATH), et travaille au développement de la télésurveillance médicale appliquée aux troubles de la vigilance au Maroc.
Le centre réunit une équipe de huit personnes, un laboratoire de physiologie clinique et un plateau d'endoscopie diagnostique et interventionnelle. Vous pouvez consulter la présentation complète du centre et de son pneumologue à Casablanca.
Quartier Racine - Maarif
Casablanca 20000
Samedi matin · 9h — 12h
Questions fréquentes
Comment savoir si je fais de l'apnée du sommeil ?
Les signes les plus évocateurs sont un ronflement sonore et régulier, des pauses respiratoires constatées par l'entourage, une somnolence dans la journée malgré des nuits de durée normale, des maux de tête au réveil et des réveils nocturnes pour uriner. Ces éléments orientent, mais seul un enregistrement du sommeil permet de confirmer le diagnostic et d'en mesurer la sévérité.
Quel examen permet de diagnostiquer l'apnée du sommeil ?
La polysomnographie. Elle enregistre pendant une nuit la respiration, l'oxygénation, le rythme cardiaque et les stades du sommeil, et mesure l'index d'apnées-hypopnées (IAH) qui définit la sévérité. Le CMR réalise également la polygraphie ventilatoire, centrée sur les paramètres respiratoires nocturnes.
Le ronflement signifie-t-il toujours une apnée du sommeil ?
Non. Le ronflement simple est très fréquent et n'entraîne pas d'arrêt respiratoire. Il devient suspect lorsqu'il s'accompagne de pauses respiratoires, d'une somnolence diurne ou d'une hypertension artérielle difficile à équilibrer. C'est l'enregistrement du sommeil qui fait la différence.
Le traitement par PPC est-il définitif ?
La PPC traite les symptômes tant qu'elle est utilisée, sans guérir la cause. Une perte de poids importante ou la correction d'un facteur favorisant peut permettre d'alléger, voire d'interrompre le traitement — toujours après un nouvel enregistrement de contrôle et sur décision médicale.
Comment obtenir un rendez-vous au centre ?
Le formulaire de demande de rendez-vous est accessible depuis le bouton « Demander un rendez-vous » de cette page. Vous choisissez le jour et le créneau qui vous conviennent, et le secrétariat vous rappelle pour confirmer. Consultations du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30, et le samedi matin de 9h à 12h.
Un doute sur votre sommeil ?
Une consultation permet de faire le point et de décider si un enregistrement est justifié.
Sources et références
- Haute Autorité de Santé (HAS) — évaluation et prise en charge du syndrome d'apnées hypopnées obstructives du sommeil
- Société de Pneumologie de Langue Française (SPLF) — recommandations sur les troubles respiratoires du sommeil
- Société Française de Recherche et Médecine du Sommeil (SFRMS)
- Fondation du Souffle — information patients
Contenu rédigé par l'équipe médicale du CMR et relu par le Dr Mohammed El Ibrahimi, pneumologue. Dernière révision : 25 juillet 2026.
Cette page a une vocation d'information générale. Elle ne remplace pas une consultation médicale et ne permet ni de poser un diagnostic, ni d'adapter un traitement.