Les explorations fonctionnelles respiratoires — abrégées en EFR — mesurent la capacité des poumons à mobiliser et à échanger l'air. Là où la radiographie montre la structure du poumon, l'EFR en évalue le fonctionnement. C'est l'examen qui transforme une plainte subjective — « je m'essouffle » — en chiffres comparables d'une année à l'autre.
Le Centre des Maladies Respiratoires dispose d'un laboratoire de physiologie clinique permettant de réaliser ces examens sur place, dans la continuité de la consultation.
Dans quelles situations sont-elles demandées
- Un essoufflement à l'effort ou au repos dont la cause n'est pas établie ;
- une toux chronique ou des sifflements évoluant depuis plusieurs semaines ;
- le diagnostic et le suivi d'un asthme ou d'une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) ;
- le suivi d'une maladie interstitielle comme la fibrose pulmonaire ;
- l'évaluation du retentissement d'un tabagisme et le suivi après sevrage ;
- un bilan préopératoire avant une intervention thoracique ou abdominale lourde ;
- l'évaluation de l'aptitude à certaines activités professionnelles ou sportives.
Les examens réalisés au centre
Spirométrie
Mesure des débits et volumes mobilisés en soufflant dans un embout. C'est l'examen de base, souvent complété d'un test de réversibilité sous bronchodilatateur.
Pléthysmographie — DLCO
Réalisée en cabine, elle mesure les débits, les volumes pulmonaires que la spirométrie ne peut atteindre et les résistances des voies aériennes, ainsi que la capacité de diffusion de l'oxyde de carbone (DLCO).
Gaz du sang artériel
Prélèvement au poignet analysant l'oxygène et le gaz carbonique du sang : il évalue l'efficacité réelle des échanges gazeux.
Épreuve d'effort cardio-respiratoire
Mesure simultanée de la ventilation et du fonctionnement cardiaque pendant un effort progressif, pour faire la part entre origine respiratoire et cardiaque d'un essoufflement.
Ces explorations s'inscrivent dans un plateau technique plus large, qui comprend également l'imagerie thoracique, les tests cutanés allergologiques, la polysomnographie et la polygraphie ventilatoire, ainsi que l'endoscopie bronchique diagnostique et interventionnelle. L'ensemble est présenté sur la page d'accueil du centre.
Comment se déroule l'examen
Vous êtes assis, un pince-nez en place, et vous respirez dans un embout buccal relié à l'appareil. Le technicien vous guide à voix haute : respiration calme, puis inspiration maximale, puis expiration la plus forte et la plus longue possible. La manœuvre est répétée plusieurs fois — c'est normal et nécessaire, car seule la reproductibilité des courbes garantit la fiabilité du résultat.
La qualité de l'examen dépend directement de votre coopération. Il n'y a pas de « mauvais » résultat lié à un effort insuffisant : le technicien recommence jusqu'à obtenir des tracés exploitables.
Comment s'y préparer. Évitez un repas copieux et le tabac dans les heures qui précèdent. Portez des vêtements qui ne serrent pas le thorax. Apportez la liste de vos traitements et vos examens antérieurs — l'intérêt d'une EFR est largement dans la comparaison avec les précédentes. Certains bronchodilatateurs doivent être suspendus avant le test : demandez la consigne exacte au secrétariat lors de la prise de rendez-vous.
Comment se lisent les résultats
Les valeurs mesurées sont comparées à des valeurs théoriques calculées selon votre âge, votre sexe, votre taille et votre origine. Le résultat s'exprime en pourcentage de cette valeur attendue. Deux grands profils se dégagent :
- un trouble obstructif, où l'air sort mal des bronches rétrécies — profil de l'asthme et de la BPCO. Sa réversibilité sous bronchodilatateur oriente le diagnostic ;
- un trouble restrictif, où le volume pulmonaire mobilisable est réduit — évoquant notamment une atteinte du tissu pulmonaire ou de la paroi thoracique.
Ces profils orientent, mais ne suffisent pas à eux seuls : l'interprétation se fait toujours au regard du contexte clinique, ce qui est précisément l'objet de la consultation qui suit l'examen.
Quartier Racine - Maarif
Casablanca 20000
Samedi matin · 9h — 12h
Questions fréquentes
Une EFR est-elle douloureuse ?
Non. La spirométrie et la pléthysmographie demandent seulement de souffler dans un embout en suivant les consignes du technicien. Seul le gaz du sang artériel comporte une piqûre, comparable à une prise de sang mais réalisée au poignet.
Combien de temps dure l'examen ?
Une spirométrie simple prend une quinzaine de minutes. Comptez trente à quarante-cinq minutes pour une exploration complète avec pléthysmographie et test de réversibilité, et environ une heure pour une épreuve d'effort cardio-respiratoire.
Comment se préparer à une EFR ?
Évitez un repas copieux et le tabac dans les heures précédentes, venez avec des vêtements qui ne serrent pas le thorax, et apportez la liste de vos traitements ainsi que vos examens antérieurs. Certains bronchodilatateurs doivent être suspendus avant le test : demandez la consigne au secrétariat lors de la prise de rendez-vous.
Faut-il une ordonnance ?
L'examen est réalisé sur prescription. Il peut être demandé par le pneumologue lors de la consultation au centre, ou par un autre médecin qui vous adresse pour cet examen.
Faut-il refaire l'examen régulièrement ?
Dans les maladies chroniques comme l'asthme, la BPCO ou les maladies interstitielles, oui. C'est l'évolution des chiffres dans le temps, plus qu'une mesure isolée, qui renseigne sur l'efficacité du traitement. Le rythme est fixé au cas par cas.
Faire mesurer votre souffle
Consultation et explorations sont réalisées au même endroit, sans multiplier les rendez-vous.
Sources et références
- ERS / ATS — standardisation des explorations fonctionnelles respiratoires
- Société de Pneumologie de Langue Française (SPLF)
- Haute Autorité de Santé (HAS) — place des EFR dans le diagnostic des maladies respiratoires chroniques
Contenu rédigé par l'équipe médicale du CMR et relu par le Dr Mohammed El Ibrahimi, pneumologue. Dernière révision : 25 juillet 2026.
Cette page a une vocation d'information générale. Elle ne remplace pas une consultation médicale et ne permet ni de poser un diagnostic, ni d'adapter un traitement.